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Au service de l'Aumônerie et de la compétition !
(extrait de la revue Interface n°27 : Mars - Avril 2003)


 

Tout a commencé durant l'été dernier. J'habitais dans les Bouches du Rhône, où je pratiquais l'athlétisme à plein temps et je ne faisais rien de concret au niveau professionnel.

 
C'est alors qu'un de mes amis qui pratiquait l'athlétisme avec moi m'a informé que la Légion de Gendarmerie Mobile d'Ile de France (LGMIF) faisait un recrutement de gendarmes adjoints qui seraient susceptibles de jouir de quelques détachements horaires, nécessaires pour la pratique du sport à Haut Niveau. Dés lors, j'ai immédiatement téléphoné à la LGMIF et plus particulièrement à l'Adjudant-chef Lejeune pour en savoir plus.

 
Celui-ci m'a fixé un rendez-vous à Maisons Alfort (94).

A mon arrivée à la LGMIF (désormais devenue FGMI : Force de Gendarmerie Mobile d’Intervention), j'ai été agréablement surpris par la présence d'autres athlètes que je connaissais mais qui n'étaient pas de ma région. Les responsables de ce projet nous ont alors expliqué que ce qu'ils nous proposaient était un bon moyen d'allier la vie professionnelle à notre passion ; cela, tout athlète en rêve.

Donc, me voilà parti en école de gendarme adjoint à Tulle (19). La formation ne durait qu'un mois mais fût très dur, et nous a bien appris ce qu'est la vie d'un militaire.

 
A mon retour d'école, ce fut avec plaisir que l'on m'a appris que j'allais être au secrétariat de l'aumônerie catholique auprès du Père Ducoux et du gendarme Béal, quoi de mieux pour un croyant !

L'aumônerie me permet d'apprendre énormément de choses que je ne savais pas faire auparavant, comme me servir d'un ordinateur par exemple. Mais aussi le plaisir d'être en contact et de dialoguer avec d'autres aumôniers et les personnes qui s'intéressent à l'aumônerie.

Mes amis, eux ont été placés dans des postes qui convenaient à leurs compétences. Voilà donc un groupe de quelques jeunes filles et garçons partageant la même passion pour une discipline. Tous les jours, c'est avec plaisir que nous nous retrouvons pour courir ensemble.
 
Ce projet fût mis en œuvre avec la Fédération Française d'Athlétisme et la Légion de Gendarmerie Mobile d'Ile de France dans l'optique de former une équipe de cross-country compétitive au niveau militaire.

 
Aujourd'hui, je suis fier de courir pour la gendarmerie et l'aumônerie, d'autant plus que six de mes camarades filles et garçons ont eu l'honneur de représenter l'équipe de France militaire au dernier championnat du monde de cross country qui a eu lieu fin février à Saint-Astier (24). Cette possibilité de sélection en équipe de France militaire est une nouvelle motivation pour mes amis et moi qui n'avons pas été sélectionnés cet hiver.

 
Je pense qu'à l'âge de 20 ans, être gendarme adjoint est un bon moyen de découvrir l'Armée et la gendarmerie en particulier. C'est donc un objectif pour moi que de passer le concours de sous-officier de gendarmerie dans le futur.

Mais dans l'immédiat, l'objectif est de réunir le maximum de personnes pour aller avec le père Ducoux au 45ème Pèlerinage Militaire International à Lourdes les 16-17 et 18 mai prochains !

 
Gendarme Adjoint Volontaire Fraimont

 

 


 

Etre un homme de loi
(extrait de la revue Interface n°27 : Mars - Avril 2003)

 

La gendarmerie est une institution qui place les hommes qui la composent au cœur des relations humaines dans ce qu'elles ont de pathologique voire parfois de dramatique. Elle peut ainsi offrir bien des occasions de se montrer pleinement humain en apportant ou en ramenant le calme et la sérénité. Elle offre des occasions d'être témoin du Christ et de l'emmener au plus profond des blessures que nous pouvons observer dans ce qui fait la vie de nos concitoyens, en faisant de nos journées une prière.


Mais peut-on être pleinement chrétien tout seul, dans son univers ? Comment concilier une profession où l'on déménage souvent, tous les 3 ou 4 ans, et son insertion dans une communauté chrétienne pour vivre et partager la même espérance ? On aurait vite fait de rester dans un vase clos, contraignant mais aussi rassurant.


C'est le défi chaque fois renouvelé de trouver une paroisse et des amis : alors, mission impossible ?

Arrivé en banlieue lyonnaise il y a un an et demi, mon premier souci a été de trouver une paroisse et d'essayer d'y faire quelque chose, de transmettre ce que la Foi m'avait apporté. Se faire connaître puis intégrer le groupe de catéchistes… pour la rentrée suivante !


Et parler de ce qui fonde la vie du chrétien, l'alliance irrévocable entre Dieu et les hommes. Apprendre à de jeunes adolescents le sens de la Loi, leur faire entrevoir le vrai visage de Dieu, leur donner l'intelligence de la Foi et de la Loi. Alors notre gendarme, un homme d'interdits toujours plus frustrants les uns que les autres, rigoureux, intransigeant ? Non, bien sûr, un homme qui a compris que Dieu était amour et que les Dix commandements – les dix paroles – étaient dix appels à aimer et à respecter infiniment Dieu et son prochain. Ne pas faire d'autrui l'objet de son bon plaisir, de sa pulsion, apprendre à chercher cette paix que le Christ nous donne par les sacrements dans notre cœur.

Comprendre que la source du bonheur est dans le don. « Aimer c'est tout donner et se donner soi-même » disait Sainte Thérèse, c'est faire passer l'autre devant soi et y trouver un plaisir et une joie infinis. S'il est une prière que j'aime à dire et à faire dire c'est bien celle-là : « Seigneur, apprends-nous à aimer, purifie notre conception de l'amour, montre-nous ton visage ! ». Eh bien ce message je suis sûr que chaque adolescent est capable de le recevoir, maintenant. Il pourra fonder sa vie sur le roc et non sur le sable des passions et des modes qui fait de la vie, sous toutes ses formes, un simple objet de consommation. Car paradoxalement, ce ne sont pas les projets pharaoniques ou babyloniens qui peuvent changer le monde mais la somme de toutes nos humilités, de tous nos renoncements – la Mère du Christ l'a bien compris. Et si dans ce renoncement vous êtes triste, c'est qu'une dimension vous échappe.

 
Aimer Dieu, ce n'est pas être triste !!! Vivre l'espérance chaque jour, chaque instant voilà ce qui donne une singulière consistance à notre quotidien. Transmettre Le feu sacré, pour reprendre le titre du récent ouvrage de Régis Debray, y-a-t-il quelque chose de plus beau ? C'est le fameux « pais mes brebis » que Jésus lance en guise de dernière parole à Pierre. La voie qu'il nous trace. Car nous savons bien que nous ne pouvons récolter que ce que nous semons.

Le métier de gendarme est en quelque sorte une moisson amère – celle des comportements déviants – mais nécessaire pour préserver la vie en société. Il ne doit pas empêcher de semer en amont, pour récolter un monde plus accueillant, plus chaleureux, plus tolérant. Et cette tolérance que le Christ nous enseigne n'est pas négation de sa Foi, ni de ses valeurs. Etre tolérant, ce n'est pas se renier, c'est accepter l'autre dans sa différence, l'aimer tel qu'il est et attendre de sa part, quand cela est possible, quand il n'est pas trop abîmé, un peu d'amour et de respect. Semons l'amour et nous récolterons l'espérance. Nous passerons alors d'une conception de moindre mal à une conception de bien maximal, d'une éthique minimaliste – ne faire de mal à personne – à l'accomplissement de la Loi divine – fais à autrui ce que tu aimerais que l'on fasse pour toi.

 

Capitaine Frédéric Munoz,
Relais d'Aumônerie à l' Ecole Gendarmerie de Montluçon

 


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La rédaction